
EPTC:
Chapitre 4. Les conflits d'intérêts (PDF, 13 KB)
A. Conflits d'intérêts impliquant des chercheurs
B. Conflits d'intérêts impliquant des membres
des CÉR
C. Conflits d'intérêts institutionnels
Les chercheurs entretiennent des relations de confiance avec les sujets,
avec les commanditaires et les établissements de recherche, avec leurs
corporations professionnelles et avec la société. Ces relations peuvent
être mises en péril lorsque des conflits d'intérêts risquent de nuire
à l'indépendance, à l'objectivité ou aux obligations éthiques de loyauté.
Ce risque de conflit a toujours existé, mais il devient de plus en plus
inquiétant à mesure qu'augmentent les pressions visant à commercialiser
la recherche. Les chercheurs, les établissements et les CÉR devraient
définir et résoudre les conflits d'intérêts -- réels ou apparents -- afin
de préserver la confiance du public, de s'acquitter de leurs obligations
professionnelles et de rendre compte de leurs actes.
Les chercheurs et les membres des CÉR dévoileront aux CÉR tout conflit
d'intérêts réel, apparent ou éventuel. Les CÉR devraient instaurer des
mécanismes visant à prendre en compte et à résoudre ces conflits.
Les CÉR devraient, d'une part, évaluer la probabilité que le jugement
des chercheurs n'ait été ou ne semble avoir été influencé par des intérêts
privés ou personnels et, d'autre part, mesurer la gravité de tout inconvénient
pouvant résulter d'une telle influence ou de la simple apparence d'influence
excessive. Des intérêts concurrents peuvent découler de relations familiales,
de partenariats financiers ou d'autres intérêts économiques.
Dans certains cas, l'apparence de conflit peut s'avérer aussi nuisible
qu'un conflit réel. Deux démarches peuvent permettre d'apprécier plus
justement les éventuelles conséquences d'un conflit d'intérêts, réel ou
apparent. La première consiste à se demander si un observateur externe
pourrait mettre en doute la capacité d'une personne à prendre une décision
adéquate, malgré d'éventuelles considérations liées à des intérêts personnels
ou privés; la seconde à se demander si le public aurait des raisons de
penser que la relation de confiance entre les intervenants concernés serait
maintenue s'il disposait d'information précise sur les possibles sources
de conflits d'intérêts.
Les CÉR qui perçoivent l'existence ou qui prennent connaissance d'un important
conflit d'intérêts, réel ou apparent, devraient demander aux chercheurs
d'en informer les sujets pressentis au cours du processus de consentement
libre et éclairé. Conformément à l'alinéa e) de la règle 2.4, les chercheurs
devraient faire connaître aux sujets tous les détails concernant d'éventuels
conflits d'intérêts, réels ou apparents. Pour cerner et résoudre au mieux
ces conflits, les CÉR devraient savoir tous les détails des projets --
budgets, intérêts commerciaux, relations avec les consultants et tout
autre renseignement pertinent (voir règle 7.3).
Les CÉR aux prises avec des conflits d'intérêts devraient avoir recours
à la méthode d'évaluation proportionnelle. Dans certains cas, le conflit
s'insinue dans les aspects de la recherche à un point tel qu'il ne suffit
plus d'informer simplement les sujets, les commanditaires, les établissements,
les corporations professionnelles appropriées et le grand public de son
existence. En pareil cas, les CÉR peuvent exiger que le chercheur abandonne
une part de ses intérêts. Le chercheur consciencieux se retirera alors
de la recherche ou laissera à d'autres le soin de prendre les décisions
nécessaires, sans y être cependant obligé. Toutefois, dans certains cas,
les CÉR pourraient en venir à la conclusion que le conflit ne justifie
pas d'intervention précise. Les CÉR qui constatent l'existence de graves
conflits pourraient trouver utile d'avoir recours à la méthode de surveillance
éthique continue (voir chapitre 1). Lorsque le conflit d'intérêts semble
inévitable, la méthode de surveillance éthique continue devrait être plus
rigoureuse afin de s'assurer que les conflits soient traités au mieux.
Afin de préserver l'indépendance et l'intégrité du processus d'évaluation
éthique, il est extrêmement important que les membres des CÉR se tiennent
à l'écart de tout conflit d'intérêts, réel ou apparent (voir règle 1.12).
Ainsi, ces membres se trouvent manifestement en conflit d'intérêts lorsque
leur CÉR étudie un de leurs projets ou les projets des chercheurs avec
lesquels ils s'affrontent ou collaborent directement. Afin de résoudre
ces conflits, ils doivent se retirer lorsque le CÉR prend une décision
concernant de tels projets. Dans certains cas, les membres des CÉR peuvent
se trouver en conflit d'intérêts s'ils acceptent des honoraires indus
ou excessifs pour participer au CÉR (par exemple, CÉR appartenant au secteur
commercial).
Les CÉR doivent agir indépendamment de l'établissement auquel ils sont
affiliés. En conséquence, les établissements doivent respecter l'autonomie
des CÉR et s'assurer que ceux-ci disposent de toute l'indépendance financière
et administrative devant leur permettre d'assumer leurs obligations fondamentales.
Il peut arriver que des intérêts puissants poussent des établissements
à vouloir qu'un projet soit approuvé avant même que toutes les questions
éthiques qu'il soulève n'aient été résolues. Toutefois, les CÉR étant
des organismes mandatés pour faire respecter des normes éthiques irréprochables,
ceux-ci doivent absolument, pour des raisons de confiance publique et
d'intégrité du processus de recherche, conserver une relation sans lien
de dépendance avec l'établissement auquel ils sont affiliés afin d'éviter
les conflits d'intérêts, réels ou apparents, et de les résoudre de façon
adéquate.
|