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La recherche qualitative Comité de travail spécial
de l’éthique de la recherche Membres Le contenu et les points de vue exprimés dans le présent document sont ceux des membres du CTSH qui les ont élaborés pour considération par le Groupe consultatif interagences en éthique de la recherche et à des fins de consultation. Ils ne reflètent pas nécessairement les points de vue ou la politique du Groupe consultatif interagences ou du Secrétariat en éthique de la recherche. Période de consultation : du 16 février
au 16 avril 2007, prolongée jusqu'au 30 avril 2007. MAINTENANT FERMÉ 2. PORTÉE DU PRÉSENT DOCUMENT DE TRAVAIL 3. CARACTÉRISTIQUES D’UN CHAPITRE SUR LA RECHERCHE QUALITATIVE PROPOSÉ POUR L’EPTC
4. CONSÉQUENCES POUR L’EPTC ET LES PROCESSUS D’ÉVALUATION ÉTHIQUE
ANNEXE A – CÉR ET QUESTIONS ADDITIONNELLES LIÉES À LA RECHERCHE QUALITATIVE
Selon les commentaires de chercheurs de partout au Canada, l’Énoncé de politique des trois Conseils : Éthique de la recherche avec des êtres humains (EPTC) ne reflète pas suffisamment les approches de la recherche qualitative. Le présent document de travail propose certaines réflexions portant sur la recherche qualitative par rapport à l’EPTC, y compris les caractéristiques principales de la recherche qualitative qui pourraient devenir l’assise d’un chapitre spécial de l’EPTC. Le présent document identifie et commente aussi les conséquences des approches qualitatives pour l’éthique de la recherche avec des êtres humains et pour le processus d’évaluation de l’éthique des projets de recherche proposés et/ou en cours. Par le truchement du présent document de travail, le CTSH sollicite les suggestions des chercheurs (y compris les administrateurs de l’éthique de la recherche, les membres des Comités d’éthique de la recherche (CÉR), toutes les personnes oeuvrant dans le domaine des sciences humaines et autres disciplines ainsi que du grand public) concernant notre intention de recommander au Groupe consultatif interagences en éthique de la recherche (GER) qu’un chapitre sur la recherche qualitative soit inséré dans l’EPTC afin que ce document reflète pleinement la diversité des différentes méthodes de recherche. Le CTSH sollicite aussi des suggestions du milieu au sujet des conséquences sur l’éthique (y compris sur les processus des CÉR) qu’il a répertoriées et qui sont pertinentes à la recherche qualitative. En mai 2003, le Groupe consultatif interagences en éthique de la recherche (GER) demandait au Comité de travail spécial de l’éthique de la recherche en sciences humaines1 (CTSH) d’examiner du point de vue des sciences humaines l’Énoncé de politique des trois Conseils : Éthique de la recherche avec des êtres humains (EPTC). Le Comité entreprenait de cerner et de prioriser des questions y afférentes et de faire des suggestions afin de les résoudre. En juin 2004, le CTSH publiait le document intitulé « Pour que tous puissent s’exprimer »2. Ce rapport présentait une analyse des opinions et de l’expertise tirées d’une grande consultation auprès des experts des sciences humaines au Canada sur des questions relatives à l’éthique de la recherche et aux pratiques actuelles des Comités d’éthique de la recherche (CÉR). Ce processus de consultation a suscité un certain nombre de recommandations pour modifier l’EPTC en ce qui concerne les besoins des chercheurs dans ces disciplines très diverses. Parmi les recommandations de ce rapport, le CTSH favorisait : …de donner plus d’information au sujet de la diversité des démarches de recherche qui caractérisent les sciences humaines (SH) et de poursuivre dans cette voie pour adapter le processus de l’évaluation éthique compte tenu de ses caractéristiques et de ses différences3. Le rapport a cerné le besoin de se pencher sur la définition du risque minimal du point de vue de disciplines autres que celles des sciences biomédicales et expérimentales et celui d’équilibrer les droits des sujets de la recherche, notamment dans les sciences humaines, avec la nécessité d’une recherche libre et ouverte. Cet équilibre, « … devrait être proportionnel à l’ampleur minimale de l’inconvénient possible qui caractérise la plupart des recherches en sciences humaines »4 Pour que tous puissent s’exprimer a aussi énuméré ce qui devrait être examiné plus à fond, notamment en ce qui concerne les sciences humaines :
Dans le présent document de travail, le CTSH poursuit les travaux issus de Pour que tous puissent s’exprimer portant précisément sur les questions soulevées par les chercheurs qui privilégient la recherche qualitative et par les personnes qui travaillent à l’intérieur de paradigmes interprétatifs5, des domaines couvrant une quantité considérable de recherche dans les sciences humaines. Le CTSH est d’avis que ces questions sont soulevées non seulement au Canada, mais aussi par les chercheurs qui privilégient la recherche qualitative partout au monde, ainsi que par les spécialistes de l’éthique de la recherche6. Le présent document reflète la réflexion actuelle du CTSH au sujet des questions entourant la recherche qualitative et interprétative dont il faudrait tenir compte dans l’EPTC. Il propose aussi des pistes de réflexion préliminaires portant sur la recherche qualitative et interprétative ainsi que sur ses conséquences pour le processus d’éthique de la recherche, mais qui n’ont pas encore été abordées dans l’EPTC, des dimensions qui ont été identifiées comme préoccupantes au cours des consultations menant au document Pour que tous puissent s’exprimer. Il porte aussi sur certaines des préoccupations soulevées par les nombreux chercheurs qualitatifs et interprétatifs qui ont participé le plus activement à nos consultations auprès des chercheurs des sciences humaines du Canada et dont les points de vue et les approches n’ont pas encore été pleinement reconnus dans l’EPTC. Les sections 2 et 3 portent sur la recherche qualitative et interprétative afin de présenter des définitions et de fournir de l’information sur ces enjeux . La section 4 identifie une série de conséquences de la discussion sur la recherche qualitative pour l’EPTC et l’évaluation éthique, alors que la section 5 envisage les étapes ultérieures. L’objectif du présent document de travail n’est pas de proposer des recommandations de politique finales, mais plutôt de proposer certaines orientations éventuelles qui pourront mener à des recommandations subséquentes. Nous espérons ainsi favoriser d’autres discussions au sein de la communauté des chercheurs. L’élaboration et la recommandation par le CTSH d’options de politiques précises et de propositions de changement de l’EPTC proviendront de ce dialogue et pourraient faire l’objet de consultations futures. Nous invitons la communauté des chercheurs, les administrateurs de l’éthique de la recherche, les membres des CÉR et toutes les personnes du domaine des sciences humaines, des autres disciplines et du grand public intéressées à nous adresser des commentaires sur le présent document de travail. Nous pourrons en tenir compte avant de préparer des recommandations pour examen par le GER7. Le CTSH serait heureux de recevoir des réactions de nature générale et des réponses aux questions spécifiques soulevées dans le présent document. 2. PORTÉE DU PRÉSENT DOCUMENT DE TRAVAIL Le CTSH adhère aux principes de l’EPTC. Le présent document de travail vise à montrer que la mise en œuvre de ces principes dans le contexte d’un paradigme qualitatif doit être réexaminée. Bien que la visée de l’EPTC soit de « … structurer des normes éthiques transcendant toutes ces disciplines » (p. i.2), les auteurs ne visaient jamais par cet objectif à créer un ensemble homogène et unique de « bonnes » réponses aux questions d’éthique de la recherche ou de faire en sorte que l’expression de principes communs affaiblisse la diversité qui constitue la force de l’entreprise de recherche. S’il est clair qu’il y a des principes généraux en éthique de la recherche qui transcendent les limites disciplinaires et épistémologiques – le respect de la dignité humaine; la confidentialité; le consentement libre et éclairé; le conflit d’intérêts; et les autres principes décrits dans l’EPTC – il est tout aussi clair que la manière dont ces principes sont envisagés et mis en œuvre dans le contexte d’un projet de recherche donné variera et que les pratiques qui ont du sens et qui sont entièrement éthiques dans un contexte peuvent créer une confusion ou sembler non éthiques dans un autre. L’entreprise de la recherche au Canada est très diversifiée quant aux thèmes et aux modèles de recherche utilisés; notre approche de l’éthique de la recherche doit être tout aussi diversifiée et appropriée aux divers paradigmes de recherche employés dans l’ensemble canadien. Le présent document de travail cherche à fournir une compréhension des approches de recherche qui diffèrent des approches plus positivistes et quantitatives sous-jacentes à la plupart des travaux dans les disciplines biomédicales, des sciences naturelles, de l’ingénierie et dans plusieurs sciences sociales. S’il existe un objectif directeur qui doit être transmis aux CÉR et à l’ensemble des chercheurs, ainsi qu’au public canadien, c’est la nécessité de reconnaître les différents présupposés qui guident les démarches de recherche plus qualitatives ou interprétatives, d’apprécier les interrelations différentes qui surviennent entre les participants et de comprendre les implications de ces différences sur l’éthique de la recherche et sur le processus d’évaluation éthique de la recherche. La recherche qualitative a une longue histoire en anthropologie, en sociologie, en éducation et dans de nombreuses autres disciplines bien établies des sciences humaines, ainsi que dans de nombreux domaines8 des sciences de la santé (p. ex. les sciences infirmières). Le présent document de travail vise à inclure ces points de vue et ces disciplines dans le dialogue plus large au sujet de l’éthique de la recherche au Canada. Éventuellement, toute proposition substantive ou textuelle qui proviendra de cette consultation élargie devrait aussi être envisagée à la lumière des enjeux touchant les peuples autochtones affectés par la recherche en sciences humaines et, plus particulièrement, par la recherche qualitative. Les notions d’autoreprésentation et de représentations étrangères de l’expérience autochtone, les processus spécifiques de consentement ainsi que la propriété, le contrôle et l’analyse des données sont des éléments utiles pour améliorer l’EPTC afin de mieux refléter les préoccupations des chercheurs en qualitatif tout comme celles des peuples autochtones. 3. CARACTÉRISTIQUES D’UN CHAPITRE SUR LA RECHERCHE QUALITATIVE PROPOSÉ POUR L’EPTC Quiconque tente de comparer la recherche qualitative et quantitative doit être conscient d’un certain nombre d’éléments clés qui guident de telles comparaisons. Dans le discours actuel sur l’interdisciplinarité et le zèle avec lequel les différentes disciplines s’empruntent des paradigmes de recherche on observe une tendance à ne pas tenir compte des différences entre la recherche qualitative et quantitative, avec aussi comme effet de minimiser ainsi d’importantes conséquences sur l’éthique. Pour certaines personnes, la caractérisation de la recherche qualitative est soit trop large, soit trop étroite; pour d’autres, établir les distinctions entre la recherche qualitative et quantitative apparaît soit comme une tâche inutile, soit comme une tâche urgente. A. La philosophie des approches qualitatives et interprétatives Nous signalerons certains des mots, des phrases et des images qui sont fréquemment associés à la recherche qualitative. Les paragraphes qui suivent illustreront certains des grands thèmes des approches qualitatives et interprétatives. Les approches qualitatives privilégient une approche centrée sur l’être humain, qui souligne l’importance de comprendre la vision du monde des personnes. Cette approche nécessite que les chercheurs comprennent comment les individus interprètent et donnent un sens à ce qu’ils disent et à ce qu’ils font, et à d’autres objets dans leur monde (y compris les autres personnes), avec lesquels ils sont en rapport. La connaissance à un plan aussi bien individuel que culturel est traitée comme une construction sociale. Une conséquence de cette approche est que toute connaissance est au moins à un certain degré interprétative et donc dépendante du contexte social. Elle est aussi façonnée par le point de vue personnel (et peut-être par les valeurs) du chercheur comme observateur. B. Nature de la recherche qualitative et interprétative Quelle que soit la discipline qui utilise la recherche qualitative, il est convenu qu’une telle recherche « n’est pas conforme aux hypothèses fondamentales de ce que devrait être la recherche dans le modèle biomédical »9 [trad.]. La recherche qualitative et interprétative favorise l’émergence de concepts et de théories ainsi que de stratégies précises de recherche au cours de la réalisation de la recherche elle–même. Ces approches cherchent à impliquer le chercheur dans les données, tout en accordant une grande attention au monde des participants à la recherche. Les questions de recherche, l’orientation de la recherche et le type de données à recueillir sont des éléments en constante évolution dans ce genre de recherche. Les chercheurs qualitatifs et interprétatifs adoptent normalement le point de vue que ce n’est qu’après qu’un chercheur ait pénétré dans le monde des participants à la recherche, dans le terrain de recherche ou dans le milieu social concerné, qu’il sera en mesure de définir des enjeux et des sujets de recherche pertinents à examiner. Bien que des questions initiales de recherche puissent être décrites dans le plan de recherche, les CÉR devraient être sensibilisés au fait qu’il arrive souvent que des questions précises (ainsi que des changements et/ou la découverte de sources de données) n’émergent qu’au cours de la réalisation même du projet de recherche. C. Types de recherche qualitative et interprétative Des stratégies à la fois traditionnelles et innovatrices de recherche caractérisent les devis de la recherche qualitative et interprétative. On retrouve de nombreux chevauchements entre les disciplines dans l’utilisation de ces devis, que ce soit en sciences infirmières, en éducation, en recherche théâtrale, en histoire ou dans les autres disciplines des sciences humaines. Tout d’abord, les termes « qualitatif » et «
interprétatif » relatifs à la recherche couvrent une
vaste gamme de paradigmes ou de perspectives, qui se chevauchent comme
nous l’avons mentionné plus haut. La recherche qualitative
et interprétative comprend, mais sans y être limitée,
des approches méthodologiques que l’on nomme, par exemple,
l’ethnographie, l’observation participante, la recherche sur
le terrain, la recherche action participative, l’histoire orale,
l’analyse textuelle, l’analyse du discours, la théorie
ancrée10, la recherche
inductive et de nombreux autres types. Certains décrivent simplement
ces paradigmes comme de la « recherche inductive ». Les chercheurs
se servent aussi du terme recherche L’évolution dans les champs des disciplines en sciences
humaines indique la prépondérance de plus en plus importante
des méthodes qualitatives. Par exemple, l’observation participante
était autrefois la méthode principale des disciplines fondées
sur le travail de terrain telles que l’anthropologie socioculturelle
et le folklore, mais ces dernières années, des méthodes
semblables sont devenues plus répandues dans d’autres disciplines11
L’observation participante prend place fréquemment dans des
communautés vivantes, naturelles et complexes et elle est associée
à la recherche ethnographique où le chercheur « est
plongé dans les activités quotidiennes continues de la communauté
désignée afin de pouvoir décrire le contexte social,
les relations et les processus pertinents à l’objet Ces méthodes évoluent constamment et de nombreux chercheurs considèrent qu’il est avantageux de combiner des méthodes plus traditionnelles, telles que l’observation en milieu naturel et l’observation participante, les entrevues et les récits de vie, avec des approches plus nouvelles qui comprennent des méthodes comme la recherche action participative, la recherche expérientielle, l’histoire orale, la vidéo et les nouveaux médias, ainsi que l’étude de biographies inédites et publiées et de journaux personnels pour n’en nommer que quelques-unes. Il est important de prendre note que cette liste n’est pas exhaustive : il n’est pas possible d’établir un catalogue définitif et permanent de ces nouvelles méthodes. D. Pratiques de la recherche et exigences méthodologiques Plusieurs des pratiques de recherche et des exigences méthodologiques qui caractérisent les approches qualitatives de la recherche sont semblables à celles qui caractérisent des approches quantitatives – par exemple une préoccupation quant à la fiabilité et la validité – mais, comme c’est le cas pour les principes d’éthique, les critères sont adaptés au sujet de recherche particulier et aux défis du projet de recherche qualitative choisi. Une telle recherche fait appel à de multiples sources d’information et de stratégies de collecte des données, notamment des entrevues avec des personnes qui peuvent exprimer différents points de vue au sujet de la personne ou du phénomène étudié, des observations sur le terrain, du matériel d’archives allant de journaux personnels à des dossiers institutionnels et d’autres artéfacts (p. ex. des billets, des notes, des photos, des dossiers vidéo) et cetera. Dans de nombreux cas, il est impossible de savoir où mènera la recherche15 avant d’être sur le terrain. L’accès doit fréquemment être négocié sur les lieux, ce qui requiert une considération et une gestion globale des principes d’éthique, qui sont toujours à rééquilibrer et qui surgissent suite à l’implication de ces diverses sources (p. ex. s’assurer que le consentement a été accordé, tout en s’assurant simultanément que son obtention ne viole pas la confidentialité des autres participants). Cela rend l’établissement d’un rapport et le sentiment de confiance interpersonnelle essentiels à l’obtention de données valides qui, fréquemment, seraient affectées par des approches plus légalistes et des notions de consentement comme une forme de « contrat ». En fait, la recherche devient souvent un processus de collaboration négocié entre le ou les participants à la recherche et le chercheur. Tout cela s’imbrique bien dans une stratégie inductive ou émergente dans laquelle beaucoup de temps est initialement consacré à déterminer uniquement sur quoi portera la recherche et quelles questions sont considérées par les deux parties comme étant importantes ou intéressantes à poser. Les chercheurs qui adoptent des approches qualitatives ont aussi des priorités typiques. Les méthodologies d’études de cas suivies in situ sont plus fréquentes en recherche qualitative que quantitative et il y a, en général, un plus grand accent placé sur la profondeur plutôt que sur l’ampleur; la plupart des chercheurs qualitatifs mettraient davantage l’accent sur l’obtention de données diverses, mais qui se chevauchent, sur un nombre limité de cas ou de situations, allant même jusqu’à la saturation ou la redondance des données, alors que leurs homologues du domaine quantitatif auraient plutôt tendance à mettre l’accent sur l’agrégation en obtenant un ensemble structuré de données d’un vaste échantillon représentatif. En autant que les méthodes invoquées comportent une interaction
directe avec les participants, il est fréquent que l’accent
soit placé sur la compréhension des perceptions qu’ont
les participants d’eux–mêmes et des autres et des significations
que les participants à la recherche confèrent à leurs
réflexions et à leur comportement. Comme le veut le dicton
bien connu « les perceptions sont réelles parce que leurs
conséquences sont Puisque les connaissances sont considérées comme dépendantes du contexte, la recherche a tendance à être axée sur des personnes particulières, des sites ou des concepts qui sont empiriquement dérivés d’autres contextes sociaux, et la priorité du chercheur est de comprendre ce contexte social faisant intervenir ces personnes à ce moment–ci. Bien que l’on tienne compte de la généralisabilité des résultats, elle est souvent considérée comme une question plutôt théorique que de procédure ou d’échantillonnage. La capacité de faire « migrer » les concepts d’un contexte de recherche à un autre est un but clé en recherche qualitative. De cette manière, la transférabilité des concepts est plus pertinente que la généralisabilité17. Des échantillons et des sites d’une recherche ne sont pas choisis parce qu’ils sont nécessairement « représentatifs », mais parce qu’ils sont considérés stratégiquement ou heuristiquement utiles pour faire avancer la compréhension d’un phénomène d’intérêt. E. Résumé des caractéristiques distinctives de la recherche qualitative 1. Les principes généraux de la recherche qualitative sont les suivants : a. compréhension inductive : l’essence de la recherche qualitative demande l’obtention d’une compréhension inductive du monde des participants à la recherche, c.–à–d. obtenir une compréhension analytique de la façon dont ils perçoivent leurs actions et le monde qui les entoure; b. diversité des approches : la recherche qualitative utilise une gamme de techniques dans de nombreux champs et disciplines permettant aux chercheurs de s’insérer dans le monde du participant à la recherche; en conséquence, il n’y a aucune approche unique en recherche qualitative; chaque champ ou discipline – et même des chercheurs individuels au sein d’une discipline – a un point de vue distinct ainsi qu’une approche particulière à l’utilisation des méthodes qualitatives; c. processus de recherche dynamique, réflexif et continu : l’émergence de questions, de concepts, de stratégies, de théories et de façons d’aborder les données requiert une approche réflexive constante et un questionnement de la part du chercheur, ce qui est très valorisé en recherche qualitative; une telle souplesse indique la force d’une recherche et assure la validité des données; d. résultats de la recherche : de façon semblable, le registre des buts de la recherche qualitative est large : donner une voix à une population particulière jusqu’à la réalisation d’une recherche critique de certains milieux et des systèmes; e. un processus de consentement libre et éclairé, dynamique, négocié et souvent continu : pénétrer dans un milieu social à des fins de recherche requiert que l’on négocie l’accès avec la population qui sera étudiée. Quelquefois le processus ne peut être assuré avant la recherche; f. partenariats collaboratifs : une fois que l’accès au milieu social est obtenu, des relations étendues fondées sur la collaboration entre les participants à la recherche et le chercheur se développent normalement au fil du temps. 2. Les éléments suivants, retrouvés à différents degrés dans la recherche qualitative, sont liés en particulier à l’évaluation éthique : a. documenter le consentement libre et éclairé : le processus de consentement doit refléter la confiance entre les participants à la recherche et le chercheur; les tentatives de légaliser ou de formaliser le processus peuvent être considérées comme une violation de cette confiance par le participant à la recherche. Par conséquent, un consentement oral plutôt qu’écrit est la norme, souvent documenté par le chercheur, par exemple dans ses notes de terrain; b. relations entre le chercheur et les participants à la recherche : les participants à la recherche pourraient être moins impuissants qu’on le croit à cause du processus de collaboration visant à définir et à concevoir le projet et les questions de recherche; certaines relations élaborées avec les participants à la recherche peuvent aller bien au delà de la durée de la recherche en question; c. dynamique du processus de recherche : comparée aux procédures qui utilisent des méthodes fondées sur des hypothèses et des déductions, il est plus difficile de déterminer le début d’un projet de recherche qualitative; certaines activités préliminaires comprennent la prise de notes, la rédaction de brouillons, de journaux personnels et des observations. Elles peuvent avoir été faites bien avant que le chercheur ne conçoive que ces activités donneront lieu à des projets de recherche formels; d. données : de façon semblable, il est parfois difficile de déterminer quand un projet de recherche qualitative est terminé; les paramètres ou les limites des données sont fréquemment inconnus; de nouvelles pistes ou données peuvent émerger bien après que la recherche ne soit formellement terminée; e. participants à la recherche : la nature et l’ampleur de « l’échantillon » ne sont pas liés à des tentatives de généraliser les résultats, ils sont plutôt liés aux paramètres conceptuels de la recherche. Le CTSH encourage les lecteurs à faire des commentaires sur des questions précises qui sont présentées dans les encadrés ci–dessous, particulièrement à la lumière de ce qui est présenté dans le présent document de travail en général et précisé dans les sections qui suivent. Encadré 1
De votre point de vue :
4. CONSÉQUENCES POUR L’EPTC ET LES PROCESSUS D’ÉVALUATION ÉTHIQUE La présente section est un aperçu de la réflexion actuelle du CTSH au sujet des conséquences de la recherche qualitative pour le processus d’évaluation de l’éthique et est fondé sur les commentaires reçus de spécialistes en la matière et décrit dans le rapport intitulé Pour que tous puissent s’exprimer (juin 2004). L’objectif du CTSH est d’obtenir les commentaires du plus grand nombre de chercheurs
Le CTSH serait heureux de recevoir des exemples de documents et/ou de politiques qui fournissent un éclairage utile portant sur le présent document de travail. Encadré 2
A. Aperçu des questions d’éthique de la recherche liées à la recherche qualitative et conséquences pour le processus d’évaluation de l’éthique de la recherche de l’EPTC (a) Relations préalables et continues entre le ou les participants à la recherche et les chercheurs Principes de l’EPTC : dignité humaine, vulnérabilité, vie privée et confidentialité, justice et inclusion, consentement libre et éclairé Processus de l’EPTC : approche proportionnelle, évaluation et approbation préalables par un CÉR, surveillance continue de la recherche La recherche qualitative et interprétative est difficile à diviser en « projets » discrets. Il est possible qu’il n’y ait pas de début et de fin clairs quant à l’implication des chercheurs dans des milieux ou groupes sociaux. Les chercheurs peuvent interagir avec le milieu bien avant qu’il soit considéré comme un terrain de recherche, ils peuvent échanger avec des membres du groupe avant que ceux–ci ne soient définis comme participants à la recherche et, après avoir quitté le terrain de recherche, ils peuvent maintenir le contact avec les participants à des fins de recherche ou pour des raisons personnelles. La prémisse actuelle de l’EPTC qui suppose que chaque projet
est une entité discrète ne concorde pas avec le fait que
certains chercheurs reviennent dans le même terrain à plusieurs
reprises, parfois pendant toute leur carrière18
. Ce qu’ils apprennent de leurs hôtes sur le terrain ne peut
être limité à des périodes précises.
Une telle recherche comporte une longue période de cueillette de
données. Les données sont fréquemment réexaminées
même après une publication initiale afin d’utiliser
au mieux le matériel offert si généreusement par
les participants à la recherche et les questions de recherche sont
souvent conçues en tenant compte d’une analyse à long
terme incorporée dans le processus de recherche. Les chercheurs
préparent souvent un programme de recherche que le Conseil de recherches
en sciences humaines (CRSH) définit comme suit : L’EPTC actuel est problématique lorsqu’il présume que les chercheurs planifient des projets circonscrits, qu’ils présentent au CÉR leurs projets pour approbation avant un point de départ arbitraire, qu’ils n’ont qu’un contact minimal ou aucun contact avec les participants éventuels avant que l’approbation ne soit accordée et qu’ils n’ont aucun autre échange avec le milieu social ou le groupe étudié après avoir terminé la cueillette initiale de données. Conséquences éventuelles pour l’EPTC Ce que le CTSH envisage comme modifications à l’EPTC signale la nécessité que les chercheurs et les CÉR comprennent que les relations entre les chercheurs et les participants à la recherche pourraient être de courte durée ou à long terme et qu’elles pourraient aussi être continues. Il se peut aussi qu’il s’agisse d’une relation où les rôles individuels pourraient changer, passant de celui de collaborateur à la conception de la recherche à celui de participant à la recherche, où par conséquent l’information et les opinions fournies deviennent des données. Les CÉR et les chercheurs devraient tenir compte des rôles multiples que pourraient adopter les chercheurs et les personnes participant à la recherche au cours de la durée du processus de recherche ainsi que des conflits éventuels qui pourraient en découler ou des entraves à un processus continu de consentement libre et éclairé. L’EPTC devrait refléter avec exactitude le contexte de la recherche qualitative et sa nature en reconnaissant que de tels projets sont courants dans plusieurs domaines et en trouvant les moyens de faciliter ces travaux, tout en leur permettant de se conformer à des lignes directrices appropriées en matière d’éthique. Par exemple, les chercheurs pourraient préciser leurs stratégies de recherche aux CÉR (p. ex. en décrivant comment le consentement libre et éclairé sera géré au cours du projet étant donné le genre de travail à accomplir et en sachant que le CÉR serait averti des changements imprévus nécessaires apportés à cette stratégie). (b) Détermination du moment opportun et du degré d’évaluation par le CÉR, tenant compte de la conception de la recherche, de sa mise en œuvre et de sa durée Principes de l’EPTC : processus de consentement libre et éclairé, vie privée et confidentialité, dignité humaine Processus de l’EPTC : approche proportionnelle, évaluation et approbation préalables par le CÉR, surveillance continue de la recherche Tel que décrit ci–dessus, la recherche qualitative et interprétative ne peut facilement être définie en projets discrets avec des points de départ et de conclusion clairs. L’idée qu’un projet peut « ne pas commencer » avant l’obtention de l’approbation par le CÉR doit être précisée afin de se conformer à la nature de la recherche qualitative. Il serait possible d’affirmer que l’approbation par le CÉR devrait être demandée lorsque le plan de recherche est devenu « officiel ». On devrait favoriser une certaine flexibilité permettant d’entreprendre un certain nombre d’étapes dans le processus de planification de la recherche avant l’examen par le CÉR. Une grande partie de la recherche qualitative dépend d’occasions imprévues et ne devrait pas, à ses étapes préliminaires, requérir l’approbation d’un CÉR. Un linguiste pourrait entendre par hasard une phrase ou une prononciation inusitée dans une rencontre de tous les jours ou discuter avec son interlocuteur de la façon de dire les choses dans une langue donnée; un psychologue pourrait approfondir des phénomènes spontanés; dans les arts de la scène, on peut tenir compte de la réaction de l’auditoire à une production théâtrale ou à une installation artistique, sans avoir l’intention de recueillir ou avoir accès à des renseignements permettant d’identifier les membres de l’auditoire. Des conversations fortuites peuvent devenir un élément d’une étude. Les chercheurs peuvent prendre des notes préliminaires au sujet de l’interaction sociale sans savoir si de telles notes seront utilisées plus tard dans une recherche formelle. Dans de tels cas, le préjudice relatif aux personnes qui suscitent l’intérêt du chercheur est très léger; l’évaluation éthique du projet sera nécessaire lorsque le projet devient une recherche officielle. Encadré 3
Une autre forme d’activité spontanée de recherche intervient dans des urgences où il n’y a pas le temps de préparer une proposition ou de la présenter pour approbation ou lorsque le chercheur est sur les lieux par hasard, par exemple après une tornade, ou encore au cours d’un incendie, d’un accident, d’un crime ou d’une agitation sociale. Le chercheur devrait pouvoir profiter de telles circonstances sociales qui présentent la possibilité d’activités de recherche inattendues ou uniques. De telles occasions de recherche devraient pouvoir bénéficier de procédures d’évaluation par un CÉR qui tiennent compte des besoins de cueillette de données sensibles sur le plan temporel et de l’imprévisibilité de tels événements. Encadré 4
Conséquences éventuelles pour l’EPTC Le CTSH envisage des modifications à l’EPTC afin de faire montre de souplesse pour la collecte de données préliminaires et pour tenir compte des programmes de recherche où la durée du projet est difficile à préciser et où la relation entre le chercheur et le participant peut être pluridimensionnelle. Rendre l’EPTC conforme à ce genre de recherche nécessiterait
que les chercheurs fournissent aux CÉR l’information appropriée
concernant les diverses étapes préliminaires et futures
de leurs recherches. Les établissements et les CÉR devraient
envisager la préparation de procédures écrites d’évaluation
qui tiennent compte des étapes de la conception de la recherche,
de sa mise en œuvre et de sa durée. La considération
du rôle changeant des personnes qui travaillent à la conception
préalable de la recherche, à la mise en œuvre même
de la recherche et à la diffusion des résultats pourrait
être nécessaire afin de déterminer quand l’examen
par le CÉR est nécessaire. Cependant, le CTSH recommande
que les CÉR n’imposent pas l’exigence que les chercheurs
préparent une demande (c) Renseignements personnels identifiables et autres données de recherche : rôle(s) des participants à la recherche Principes de l’EPTC : dignité du participant, consentement libre et éclairé, vie privée et confidentialité, analyse, équilibre et répartition des inconvénients et des avantages Processus de l’EPTC : processus (format et information) de
consentement libre et éclairé, examen proportionnel, analyse
des inconvénients et des avantages, gestion des données,
conservation et stockage, interprétation et diffusion des données Les CÉR doivent être conscients des différents genres d’information demandés aux participants lors de la cueillette de données, celles-ci variant de renseignements d’ordre personnel ou social, à des descriptions historiques; ils devraient reconnaître que la recherche qualitative et interprétative puisse se prolonger pendant une longue période et que le chercheur et le groupe interagissent dans un certain nombre de rôles fusionnés de « recherche » et de « non-recherche ». Les chercheurs devraient obtenir le consentement de leurs informateurs pour l’utilisation éventuelle d’un renseignement personnel identifiable au cours du processus de consentement et communiquer clairement les protections de la vie privée et la confidentialité qu’ils garantissent. Dans certains projets (p. ex. des histoires orales) l’identification des informateurs peut être un élément important du processus de recherche et les participants s’attendent à (et souhaitent) être identifiés pour que leurs histoires soient consignées dans des archives culturelles. Comme l’affirment Carolyn Ells et Shawna Gutfreund – des chercheures qui ont systématiquement examiné les mythes au sujet de l’EPTC – « lorsque la protection des intérêts multiples et interdépendants du participant ne nécessite pas l’anonymat, l’EPTC ne l’exige pas non plus »19 [trad.]. Le processus de consentement doit refléter la variété des attentes et des méthodes de compréhension entourant la confidentialité, le respect de la vie privée, l’anonymat, etc. qui éclairent les diverses approches disciplinaires à la recherche20. Conséquences éventuelles pour l’EPTC Il faudra porter attention à la cueillette et à l’utilisation de l’information ainsi qu’à la gestion, au stockage et à la conservation des données. Par exemple, de nombreux chercheurs en qualitatif conservent des données pendant de nombreuses années étant donné la nature continue des questions de recherche qu’ils posent; requérir la destruction des données dans le cadre du processus d’approbation par les CÉR peut aller à l’encontre de telles recherches. Lorsqu’ils se préparent à diffuser les résultats de leurs travaux, les chercheurs en qualitatif doivent fréquemment confronter les questions de « voix », d’interprétation, de confidentialité et d’anonymat. Certains chercheurs dans le domaine des sciences humaines partagent, par exemple, des transcriptions d’entrevues avec les participants à la recherche afin de modifier ou d’éliminer des données qu’ils préféreraient ne pas voir diffusées; d’autres chercheurs fournissent des exemplaires non identifiables des transcriptions pour analyse secondaire; et d’autres partagent leurs résultats avant publication avec les participants à la recherche. Les CÉR et les chercheurs peuvent avoir à envisager la relation précise entre les chercheurs et les personnes, groupes ou populations étudiés lorsqu’ils examinent les questions de respect de la vie privée et de confidentialité et la diffusion des résultats. Encadré 5
(d) Consentement libre et éclairé Principes de l’EPTC : dignité humaine, consentement libre et éclairé, vie privée et confidentialité, avantages et inconvénients, vulnérabilité Processus de l’EPTC : examen préalable par les CÉR, processus (et format) de consentement libre et éclairé, surveillance de la recherche continue, conflit d’intérêts L’EPTC favorise présentement le consentement écrit avec certaines exceptions pour des circonstances inusitées. Cependant, dans les approches qualitatives le consentement sera probablement oral, parfois étayé par un feuillet d’information au sujet de la recherche offert par le chercheur et fréquemment documenté dans ses notes de terrain21 avec les considérations appropriées pour la confidentialité si nécessaire. Le consentement libre et éclairé est considéré comme un processus opérant pendant toute la durée du projet où dans la plupart des cas les participants à la recherche peuvent exercer leur droit de participer ou non sur une base continue22. Dans certains cas, le consentement pour effectuer la recherche auprès de milieux particuliers ou d’un groupe spécial doit être obtenu des dirigeants d’une communauté, des aînés ou des représentants avant que le consentement individuel de participer ne puisse être envisagé. Un chercheur pourrait profiter d’une réunion de la communauté afin d’informer le groupe sur sa recherche et obtenir le consentement de la réaliser avant de solliciter le consentement individuel à la deuxième étape de la mise en œuvre de la recherche. Les informateurs et les mentors dans la communauté hôte devraient avoir de nombreuses occasions de discuter du format de la recherche et même de retirer leur collaboration et leur participation s’ils ne sont pas satisfaits des intentions ou du rendement du chercheur. Des conflits d’intérêts pourraient survenir à
cause de la relation changeante entre le participant à la recherche
et le chercheur et ils pourraient avoir une incidence sur le consentement
libre et éclairé des participants à la recherche
étant donné les rôles multiples des chercheurs. Les
CÉR et les chercheurs devraient reconnaître que la recherche
qualitative et interprétative peut se prolonger sur de longues
périodes et que le chercheur et le groupe interagissent dans un
certain nombre de rôles fusionnés de Même à court terme, obtenir le consentement à une recherche utilisant l’observation non participante est soit difficile ou tout à fait impossible. L’observation de tendances d’activité dans des lieux publics (soit à des fins de formation ou pour des recherches avancées) ne nécessite pas l’identification des personnes et ne représente aucun préjudice évident aux particuliers23. Encadré 6
Conséquences éventuelles pour l’EPTC Ce que le CTSH envisage comme modifications à l’EPTC inclut des questions telles que le moment opportun, le processus et le format pour solliciter, obtenir et maintenir le consentement libre et éclairé pendant la recherche et au cours des diverses étapes, en tenant compte de la spécificité du contexte, des lieux de la recherche ainsi que de la population et des groupes étudiés (p. ex. un groupe marginal ou un groupe privilégié). (e) Analyser, équilibrer et répartir les inconvénients et les avantages liés aux paradigmes de recherche qualitative Principes de l’EPTC : dignité humaine, consentement libre et éclairé, vie privée et confidentialité, équilibre des inconvénients et des avantages, vulnérabilité Processus de l’EPTC : approche proportionnelle d’évaluation éthique, risque minimal et définir les inconvénients prévisibles Les chercheurs qualitatifs envisagent fréquemment dans le contexte de leur devis de recherche comment les droits des participants prospectifs à la recherche pourraient être affectés par la recherche, y compris les risques et les genres de préjudices qui pourraient en découler et comment on peut y réagir. Alors que la recherche biomédicale peut normalement entraîner des dommages physiques et, à l’occasion, d’autres genres de préjudices, par exemple des préjudices psychologiques ou sociaux (dans la recherche génétique par exemple), les inconvénients éventuels liés à la recherche qualitative peuvent inclure des dommages émotionnels ou psychologiques, des préjudices sociaux (liés, par exemple, à la stigmatisation, à l’assurabilité ou à l’employabilité), des torts financiers, l’empiètement sur la vie privée ou la perte de confiance. La nature de tels préjudices peut être permanente ou temporaire et ils peuvent mériter une évaluation proportionnelle. Conséquences éventuelles pour l’EPTC Ce que le CTSH envisage comme modifications à l’EPTC inclut des questions de définition du risque de préjudices dans le contexte de paradigmes de recherche qualitative liés au consentement, à la vie privée, à la confidentialité24 et à la diffusion des résultats comme on le voit dans le présent document de travail. (f) Études sans sujets humains Principe de l’EPTC : une démarche « axée sur les sujets » Processus de l’EPTC : portée de l’énoncé de politique et limite des projets à présenter pour évaluation L’EPTC fournit des lignes directrices pour la recherche avec des êtres humains. Les études ne comportant aucun participant à la recherche ne devraient jamais être examinées par les CÉR mais de tels examens sont exigés ou demandés de plus en plus souvent. Le CTSH veut réaffirmer que les études sans sujets humains ne doivent pas être examinées par les CÉR. Cela comprend les études basées sur les réflexions personnelles et l’auto-observation où aucune personne sauf le chercheur ne participe à la recherche ainsi que les études où des personnes outre le chercheur fournissent de l’information, mais ne sont pas elles–mêmes l’objet de la recherche. Ces personnes, que l’on peut considérer comme des consultants à la recherche, pourraient comprendre, par exemple :
Ces consultants peuvent fournir de l’information qui éclaire les études, mais ils ne sont pas des sujets ou des participants à une étude de recherche. Les consultants doivent être traités avec respect et les interactions doivent être conformes à la norme professionnelle, mais aucune évaluation éthique ne devrait être requise pour de tels travaux. B. Conséquences pour le processus d’évaluation effectuée par les CÉR et considérations éthiques à examiner par les chercheurs et les CÉR Les hypothèses et les méthodes normalement associées aux approches de recherche qualitative ont des conséquences pour l’éthique de la recherche ainsi que pour le processus d’examen des CÉR selon la description actuelle contenue dans l’EPTC. L’énoncé de politique devrait être modifié pour intégrer davantage des approches de recherche qualitative et interprétative. (a) Évaluation et approbation préalables par les CÉR Conformément aux règles 1.1a) et 1.2, l’EPTC fait actuellement en sorte que « [T]oute recherche menée avec des sujets humains vivants sera évaluée et approuvée par un CÉR conformément aux règles de cet énoncé de politique avant d’être mise en œuvre, sauf les cas précisés ci–dessous » et que « [L]es établissements délégueront à leurs CÉR le pouvoir d’approuver, de modifier, de stopper ou de refuser toute proposition ou poursuite de projet de recherche faisant appel à des sujets humains réalisé sur place ou par leurs membres. Les décisions des CER s’inspireront des normes éthiques minimales exposées dans cette politique ». Étant donné la nature des approches et des méthodes utilisées fréquemment dans un contexte dynamique, changeant et incontrôlé, les chercheurs peuvent ne pas être en mesure de présenter une proposition de recherche bien ficelée avant leur entrée sur le terrain de recherche. Encadré 7
(b) Évaluation éthique de la recherche effectuée par les étudiants dans le cadre de leur programme de cours L’apprentissage est au cœur de l’obtention de l’expérience de la réalisation de travaux sur le terrain. L’acquisition de bonnes habiletés de recherche qualitative par les étudiants requiert une participation prolongée à des pratiques de recherche sur le terrain et comporte même des entrevues effectuées seul ou des exercices d’observation dans des endroits publics sans l’intention ou la possibilité de publier ces exercices d’apprentissage. Ces exercices ont souvent lieu dans des cours avancés de premier cycle ainsi que dans des cours des études supérieures. Encadré 8
(c) Évaluation scientifique de recherches en sciences humaines ayant un risque supérieur au risque minimal Le rapport intitulé Pour que tous puissent s’exprimer portait aussi sur la question des critères du mérite scientifique et de l’examen de l’éthique de la recherche. Selon l’EPTC, voici ce que dit la règle 1.5 :
Le CTSH propose que la condition voulant que l’évaluation de la valeur des projets soit limitée à des projets comportant un risque d’inconvénients supérieur au risque minimal a besoin d’être renforcée. Lorsqu’il faut évaluer le mérite scientifique des projets présentant un risque supérieur au seuil du risque minimal, les CÉR devraient s’assurer que de telles évaluations sont effectuées par des personnes possédant une expertise quant au paradigme pertinent. Les CÉR pourraient être encouragés à avoir des membres (ou des consultants) qui connaissent les méthodes qualitatives. Les procédures devraient préciser et assurer que l’examen scientifique sera entrepris par les personnes qui connaissent le paradigme utilisé dans l’étude proposée. Le CTSH envisage de proposer des modifications à l’EPTC qui seraient axées sur l’inclusion de clarifications portant sur l’établissement d’un examen par les pairs externe, indépendant et ponctuel, possédant l’expertise savante nécessaire dans la discipline (et du paradigme méthodologique pertinent) afin d’effectuer l’examen par les pairs de la recherche en question. Le CTSH considère qu’une telle procédure pourrait être effectuée par le truchement d’une évaluation déléguée (ou accélérée). Le CTSH pense aussi recommander l’élimination des autres options énumérées à l’EPTC telles que l’établissement d’un comité permanent des pairs se rapportant directement aux CÉR ou assumer [lui-même] l’entière responsabilité des normes d’érudition du projet. Un comité d’examen permanent par les pairs est aussi peu pratique pour couvrir la vaste gamme des méthodes que l’évaluation du mérite scientifique effectuée par le CÉR. Ici aussi, le CTSH encourage les lecteurs à fournir des suggestions au sujet des changements proposés à l’EPTC qui ont une incidence sur la manière dont les normes d’érudition sont évaluées. Encadré 9
Le CTSH aimerait recevoir des commentaires de la part des chercheurs qualitatifs ainsi que tous les membres de la communauté de recherche et du public. Plus particulièrement, le CTSH encourage les lecteurs à répondre aux questions soulevées dans le présent document ou à faire des commentaires plus généraux sur ce document de travail, notamment en ce qui concerne la possibilité d’inclure un chapitre sur la recherche qualitative dans l’EPTC. De plus, le CTSH encourage les CÉR qui évaluent des propositions de recherche qualitative et les chercheurs qui les effectuent à fournir des exemples additionnels pour montrer comment les questions soulevées dans le présent document ont été traitées dans leurs propres travaux. Ils sont aussi encouragés à donner des exemples des meilleures façons de décrire ce genre de recherche et comment des politiques locales, nationales ou internationales ont traité les questions décrites dans le présent document de travail. Les prochaines étapes du CTSH comprendront la consultation sur des recommandations provisoires des changements au libellé de l’EPTC qui proviendront des commentaires fournis par l’ensemble des chercheurs sur le présent document de travail. La réflexion et les travaux futurs du CTSH seront aussi éclairés par ses travaux et consultations complémentaires sur des questions telles que le consentement libre et éclairé, le mérite scientifique, les beaux–arts et les nouveaux médias, ainsi que son projet pilote sur les points de vue des participants à la recherche. ANNEXE A – CÉR ET QUESTIONS ADDITIONNELLES LIÉES À LA RECHERCHE QUALITATIVE Bien qu’elles ne soient pas strictement liées au présent document de travail, un certain nombre de questions ont émergé de notre analyse qui porte sur la relation entre les CÉR et les questions liées à la recherche qualitative. En voici quelques–unes afin de solliciter du lecteur des commentaires et des descriptions de leurs expériences pour que nous en profitions lors de notre révision de l’EPTC.
En plus des références présentées aux notes en bas de page, nous avons tenté de cerner un certain nombre des travaux les plus pertinents sur la recherche qualitative et l’éthique qui ont été publiés au cours des cinq dernières années. Nous avons choisi des travaux portant sur la recherche qualitative et l’éthique en général ainsi que des travaux portant sur les grands principes décrits dans l’EPTC (tels que le consentement, les préjudices et autres). Adler, P.A. et Adler, p. (2002) The Reluctant Respondent. In Gubrium, J.F. and Holstein, J.A. (eds.), Handbook of Interview Research : Context and Method. Thousand Oaks : Sage, pp. 515-535. Anthony, Robert. 2004. « Consistency of Ethics Review » [12 paragraphes]. Forum Qualitative Sozialforschung / Forum : Qualitative Social Research [Journal en ligne], 6(1) (octobre), Art. 5. Disponible à : http://www.qualitative-research.net/fqs-texte/1-05/05-1-5-e.htm. Becker, Howard S. 2003. « What about Mozart? What about Murder? » Rassegna Italiana di Sociologia. 44 (4) : 483-492. Bosk Charles. 2001. « Irony, Ethnography and Informed Consent. » Hoffmaster, Bioethics in Social Context. Philadelphia : Temple University Press. Bruner, E. M. 2004. « Ethnographic practice and human subjects review. » Anthropology News, (janvier) : 10. Coomber, Ross. 2002. « Signing your life away? : Why research ethics committees (REC) shouldn’t always require written confirmation that participants in research have been informed of the aims of the study and their rights – the case of criminal populations. » Sociological Research Online 7(1), mai. www.socresonline.org.uk Corbin, Julie et Janice A. Morse. 2003. « The unstructured interactive interview : Issue of reciprocity and risks when dealing with sensitive topics. » Qualitative Inquiry. 9 (3) : 335-354. Cribb, A. 2003. « Approaching qualitative research. » Pp. 40-48 in S. Eckstein (Ed.), Manual for research ethics committees (6th ed). Cambridge : Cambridge University Press. Doucet, Hubert, Gaudreau, Édith et Grimaud, Marie Angèle.2006.
Fluehr-Lobban, C. (Ed.). 2003.Ethics and the profession of anthropology : Dialogue for ethically conscious practice (2nd ed.). Walnut Creek, Californie : Altamira Press. Guillemin, Marilys et Lynn Gillam. 2004. « Ethics, Reflexivity, and "Ethically Important Moments" in Research. » Qualitative Inquiry. 10 (2) : 261-280. Hermanowicz, Joseph C. 2002. « The Great Interview : 25 Strategies for Studying People in Bed. » Qualitative Sociology : Special Issue on Sex in Research. 25 (4) : 479-500. Herrera, C.D. 2001. « Research ethics and the interpretive stance in fieldwork. » Philosophy of the Social Sciences 31(2), 239-246. Herrera, C D. 2003. « A Clash of Methodology and Ethics in "Undercover" Social Science. » Philosophy of the Social Sciences. 33 (3) : 351-362. Israel, Mark. (2004). Ethics and the Governance of Criminological Research in Australia. Sydney, Australia : New South Wales Bureau of Crime Statistics and Research. 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Munhill, Patricia (éditrice). Nursing Research : A Qualitative Perspective. 3d ed, 2001 Sudbury, Massachusetts : Jones and Bartlett Publishers. Murphy, Elizabeth et Robert Dingwall. 2002. « The Ethics of Ethnography. » Chapter 23 in Paul Atkinson, Amanda Coffey, Sara Delamont, John Lofland, and Lyn Lofland, eds. Handbook of Ethnography. London : Sage : 339-351. Murray, Susan B. 2003. « A Spy, a Shill, a Go-Between, or a Sociologist : Unveiling the 'Observer' in Participant Observer. » Qualitative Research. 3 (3) : 377-395. O’Neill, P. 1998. Negotiating Consent in Psychotherapy. New York : New York University Press. (Part of series of Monographs on Qualitative Methods in Psychology). O'Neill,P. 2001. Hegemony, democracy, and qualitative research, History and Philosophy of Psychology Bulletin. 13(1) : 10-13. O’Neill, P. 2002. Tectonic Change : Qualitative Methods in Psychology. Canadian Psychology. 43 (3), 190-194. Oberle, Kathleen M. 2002. « Ethics in qualitative health research. » Annals of the Royal College of Physicians & Surgeons of Canada. 35 (8 suppl.) : 563-566. Paillé, Pierre, Mucchielli, Alex. 2003. L'analyse qualitative en sciences humaines et sociales. Armand Colin. Parry, Odette, and Natasha S. Mauthner, 2004. « Whose Data Are They Anyway? Practical, Legal and Ethical Issues in Archiving Qualitative Research Data. » Sociology. 38 (1) : 139-152. Plattner, S. 2004. Human subjects protections and anthropology. Anthopology News, 45(2). Roth, Wolff-Michael Roth. 2004. « Qualitative Research and Ethics. » Forum : Qualitative Social Research. 5 (2) (mai). Art. 7. Tolich, Martin. 2004. « Internal Confidentiality : When Confidentiality Assurances Fail Relational Informants. » Qualitative Sociology. 27 (1) (printemps) : 101-106 van den Hoonaard, Will. C., ed. (2002) Walking the Tightrope : Ethical Issues for Qualitative Researchers. Toronto : University of Toronto Press. van den Hoonaard, Will. 2003. « Is Anonymity an Artifact in Ethnographic Research? J. of Academic Ethics. 1 (2) : 221-223. van den Hoonaard, Will. C. et Anita Connolly. (2006) « Anthropological Research in Light of Research-Ethics Review : Canadian Master’s Theses, 1995-2004. » J. of Empirical Research on Human Research Ethics.1 (2) :59-70. Welland, Trevor et Lesley Pugsley, eds. (2002). Ethical Dilemmas in Qualitative Research. Alderschot, UK, and Burlington, Vermont: Wray-Bliss, Edward. 2003. « Research Subjects/Research Subjections: Exploring the Ethics and Politics of Critical Research. » Organization.10 (2) : 307-325. ANNEXE C – CADRE DE RÉTROACTION DU CTSH: LISTE DES QUESTIONS Consultation du CTSH : Cadre de rétroaction LA RECHERCHE QUALITATIVE DANS LE CONTEXTE DE L’EPTC 16 février au 16 avril 2007 Un cadre de rétroaction est joint afin de vous servir de guide pour répondre à l’Appel aux commentaires. A toutes fins utiles, nous joignons dans le document en ligne une version Microsoft Word téléchargeable du cadre de rétroaction, que vous pourrez utiliser comme il vous convient. Veuillez envoyer vos commentaires par courriel à : ctsh@ger.ethique.gc.ca ou par télécopieur au 613.996.7117 au plus tard le 16 avril 2007. Encadré 1
De votre perspective,
Encadré 2
Encadré 3
Encadré 4
Encadré 5
Encadré 6
Encadré 7
Encadré 8
Encadré 9
CÉR et questions additionnelles reliées à la recherche qualitative
1 Voir http://pre.ethics.gc.ca/francais/workgroups/sshwc.cfm
2 Le rapport complet (2004) est disponible
au site Web du GER au http://pre.ethics.gc.ca/francais/publicationsandreports/publicationsandreports.cfm 3 Pour que tous puissent s’exprimer,
p. 7. 5 Les paradigmes « interprétatifs
» sont axés sur l’importance de considérer les
données comme des portes d’accès au monde subjectif
des participants à la recherche. De telles données ne peuvent
faire l’objet de mesures 6 Veuillez vous référer
à « Second consultation, Draft of the National Statement
on Ethical Conduct in Human Research, developed by the National Health
and Medical Research Council, Australian Research Council & Australian
Vice-Chancellors’ Committee », janvier 2006, http://www.nhmrc.gov.au/ethics/human/ahec/projects/statementsec.htm
7 Les commentaires peuvent être
envoyés au CTSH à ctsh@ger.ethique.gc.ca 8 Les sciences sociales et humaines
dans la recherche en santé, un aperçu canadien des domaines
de recherche et des approches inédites favorisant la compréhension
et la prise en charge des problèmes de santé, IRSC
et CRSH, 2000, voir : http://www.sshrc.ca/web/about/publications/ahprc_f.pdf 9 Carolyn Ells et Shawna Gutfreund. (2006)
« Notes on the Discipline : Myths about Qualitative Research and
the Tri-Council Policy Statement. » Canadian J. of Sociology.
31 (3) : 370. 10 La théorie ancrée implique
un processus délibéré et constant de vérification
des données par rapport à la théorie et l’incorporation
de la théorie à l’étape suivante de la cueillette
de données. 11 « A Note on Participant Observation
[Université Memorial de TerreNeuve]. » 12 Voir l’énoncé
de la American Anthropological Association (4 juin 2004, 13 Matthew B. Miles et A. Michael Huberman
(1994). Qualitative Data Analysis : An Expanded Sourcebook. Thousand
Oaks, Californie : Sage : 6-7. 14 L’observation en milieu naturel
est une méthode de collecte de données comportant l’enregistrement
non intrusif des patterns et des activités trouvés dans
les contextes sociaux. 15 Cette approche de la recherche n’est
pas une « expédition à 16 William I. Thomas et Dorothy Thomas
(1929), The Child in America, New York : Alfred Knopf, p. 572.
2e édition. 17 Par exemple, le concept de «
moment de prise de conscience » a été constaté
pour la première fois dans une étude des maladies chroniques,
mais il a été considéré tout aussi pertinent
dans d’autres contextes de recherche, par exemple le veuvage. 18 La règle 1.1. porte sur le
fait que la recherche doit être approuvée par un CÉR
« avant d’être mise en œuvre ». Il y a aussi
un certain nombre d’indications claires dans l’EPTC à
« la fin de la participation des sujets de la recherche dans les
projets » [gras ajouté], par exemple dans
les notes afférentes à la règle 2.1.d. 19 Ells et Gutfreund, op. cit.
364. 20 Voir le document de travail du CTSH
sur la protection de la vie privée et la confidentialité
dans l’EPTC disponible à http://pre.ethics.gc.ca/francais/workgroups/sshwc/consultation.cfm
21 L’EPTC décrit à
la page 2.1, commentant la règle 2.1b) que dans le cas de consentement
oral « le chercheur pourrait noter en même temps dans un journal
les dates, les circonstances et les événements liés
au projet ». 22 Article de Ellis et Gutfreund (op.
cit., p. 365) qui démystifie « le mythe que le consentement
écrit est toujours requis par l’EPTC » [trad.] 23 Voir Ells et Gutfreund, op. cit.,
p. 368. 24 Voir aussi le document de travail
du CTSH, Reconsidérer la protection de la vie privée
et la confidentialité des données dans l’EPTC,
que vous pouvez obtenir à http://pre.ethics.gc.ca/francais/workgroups/sshwc/consultation.cfm
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